L’interview designer du jour concerne la designer Emilie Voirin une Frenchy débarquée à Londres et qui n’a plus quitté la capitale anglaise depuis son stage chez le célèbre
designer anglais Tom
Dixon. Son profil très international lui a permis d’acquérir rapidement une belle renommé. Emilie Voirin est tout simplement une designer à suivre…
Bonjour Emilie, est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus sur toi et ton parcours ?
J’ai étudié trois ans à l’ENSAN de Nancy, puis j’ai intégré l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris, où je me suis spécialisée en design d’objets. J’ai développé une pluridisciplinarité durant mon
parcours. Ensuite, j’ai été invitée à étudier à l’école HFG Karlsruhe en Allemagne ; je me suis tournée vers des projets plus professionnels. En 2009, je suis arrivée à Londres pour effectuer un
stage chez Tom Dixon.
Mon studio est officiellement établi depuis deux ans, je vis et travaille désormais à Londres ; je reviens régulièrement en France.
Qu’est ce qui t’a poussé à devenir designer ?
Mon intérêt pour les objets s’est révélé tôt, je contemplais les choses qui m’entouraient, j’étais curieuse, je collectionnais. L’aspect usuel s’est ajouté à mes créations, je me suis donc
tournée vers le design.
Quelle est ta spécialité ?
Je dirais que c’est avant tout une démarche.
Je suis impliquée dans le résultat d’une gestion performative des émotions à la vue et à l’utilisation de l’objet, une séquence narrative pour tourner l’attention sur soi, au travers de la
compréhension du message qu’il dispense. L’objet est usuel mais il est aussi porteur de sens.
Aurais-tu un objet design fétiche, que tu adores ?
Je n’ai pas d’objet de design fétiche, bien que je sois inlassablement attirée par les chaises de Prouvé. Je préfère les objets anonymes. Je suis obsédée par les petites cuillères. Lorsque je
vais au restaurant, je regarde les couverts avant même de regarder le menu !
Quelle est ta vision du métier de designer ?
Le métier de designer est une course d’endurance, il faut s’accrocher, investir du temps et de l’argent avant de recueillir les bénéfices du travail. La curiosité est essentielle et l’envie de
créer doit rester constante. Si l’on travaille en indépendant, au début il faut faire des projets libres afin d’interpeller d’éventuels partenaires, éditeurs, autres…
Ton avis sur la différence entre la France et l'Angleterre pour exercer ce métier ?
Lorsque je suis en France, l’effervescence de la capitale londonienne me manque. Je parlerais plutôt de la capitale et de sa mouvance culturelle infinie. J’aime rencontrer des gens de manière
internationale et être challengée quotidiennement. L’ouverture d’esprit y est incontestable, liée à l’attrait cosmopolite de la vie.

Quelle est ton actualité pour cette fin d’année 2011
?
L’acquisition de 4 assises dont Emmanuelle is Shy et Independent Arms par le FNAC (Fonds National d’Art Contemporain) est pour moi l’événement de cette fin d’année. J’ai dirigé un workshop de
deux jours au MUDAM (Musée d’Art Contemporain, Luxembourg) pour son 5ème anniversaire.
Je suis en train de retramer deux essais que j’espère « finir » prochainement. Madeinchina quittera Holon Design Museum en Israël vers une autre destination. J’expose à la Cité de la Mode
et du Design à Paris mi-septembre pour la première Design Week de la ville. Quelques petites expos se tiendront à Londres et ailleurs, rien de précis. Le Master au Royal College of Art est sans
aucun doute une actu !
Un grand merci à Emilie pour le temps consacré à cette interview ! Nous espérons la retrouver prochainement autour d’une exposition, dans un musée ou ailleurs !
Pour plus d'info : www.emilievoirin.com

















